La Lettre

Les urnes ont parlé

Dimanche 15 mars 2026, les urnes ont rendu leur verdict à Vauvert. La liste du Rassemblement National conduite par Nicolas Meizonnet l’a emporté avec 3 665 suffrages. Le député du Gard qui au-delà de son parti a rassemblé la droite traditionnelle vauverdoise va maintenant diriger la commune pour les six ou sept prochaines années.

Nous respectons le choix démocratique de nos concitoyens et souhaitons bonne chance à l’équipe municipale dans l’accomplissement de sa mission pour Vauvert. Tout comme nous remercions Jean Denat pour son engagement durant ces douze dernières années au service de la collectivité et pour le bilan largement positif qu’il laisse à la commune, dans de nombreux domaines.

Même s’il semble répondre aux attentes d’une nette majorité de citoyens, ce changement important dans la vie de notre cité nous interpelle. À nos yeux, il traduit un certain populisme, en préférant les réponses émotionnelles aux analyses nuancées, en prétendant apporter des réponses simples à des questions complexes. Le tout s’inscrit dans un propos dont la démagogie est souvent la marque de fabrique. Cette montée des égoïsmes et du « chacun pour soi », voire la tendance à l’exclusion d’un « autre » supposé menaçant, fragilise la cohésion sociale et met en péril les indispensables valeurs de solidarité.

Depuis quarante ans, nous diabolisons le Front, devenu Rassemblement National. Un examen attentif de la réalité montre d’ailleurs qu’il est loin d’avoir définitivement acquis un certificat de vertu républicaine. Pour autant, il est clair que ce rejet a aussi contribué à victimiser ces mouvements, leur permettant de se poser en seuls « défenseurs du peuple » face à une élite supposément déconnectée. Or, localement du moins, il n’y a pas de raison de soupçonner a priori de visées extrémistes tant les électeurs que les élus de la nouvelle équipe municipale. Cette dernière hérite, quoi qu’on ait pu en dire pendant la campagne, d’une situation largement assainie, et nous ne pouvons qu’espérer qu’elle se montrera digne de cet héritage. Le moins que l’on puisse faire, c’est de lui faire crédit de cette intention.

C'est pourquoi, loin de continuer à diaboliser qui que ce soit, nous, « Progressistes du possible » souhaitons remettre le débat public au cœur de la démocratie.

La démocratie ne se limite pas à l’élection de représentants, mais doit aussi s’incarner dans la participation active des citoyens aux décisions qui les concernent, surtout à l’échelle locale. Lieu d’échange et de confrontation des idées, le débat public, pilier de la démocratie, repose sur trois principes :
  • La transparence : les informations doivent être accessibles à tous.
  • L’argumentation : les décisions se fondent sur des échanges raisonnés, pas sur des rapports de force.
  • L’équivalence des opinions : chaque citoyen a le droit de s’exprimer et d’être écouté, quel que soit son statut social ou son expertise.

Avril 2026

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