La Lettre

L’Europe, l’Europe, l’Europe !

Eh bien, oui, l’Europe, l’Europe, l’Europe ! Point n’est besoin de sauter comme un cabri et de s’attirer les moqueries posthumes - bien mal placées, du reste - de De Gaulle. Quelle que soit la direction dans laquelle on cherche une boussole pointant vers un avenir souhaitable, c’est invariablement l’horizon européen qui apparaît.

Les actions à mener face au changement climatique, qu’il s’agisse de le ralentir ou de s’y adapter ? C’est, quoi qu’on en dise, l’Europe qui donne le la, sinon de ce qui se fait, du moins de ce qu’il faut faire, de l’avis de tous – si l’on excepte les attardés du genre Trump.

Devant un environnement international menaçant et instable, que recommande le bon sens, sinon de reconstruire, enfin, une défense européenne à la hauteur de nos moyens et surtout de nos besoins ? Après des années d’appels restés sans écho, ou bloqués par les embûches d’Orban, les choses avancent - comme toujours moins vite que ce qu’il faudrait, mais plus vite qu’on ne le pense.

La révolution technologique majeure, celle des réseaux et de l’IA est née et prospère encore outre-Atlantique : qui le nierait ? L’urgence aujourd’hui est autant dans le développement que dans la régulation d’une innovation qui porte en elle, comme toujours, autant de promesses que de menaces. Le reste du monde s’aligne déjà, ou s’alignera, sur les normes imposées par l’Europe - comme mesure de bon sens et non comme une exigence impérialiste. Mais outre cela, l’Europe est aussi la scène d’initiatives, notamment en matière d’intelligence artificielle, dont l’apparente discrétion contraste avec le développement rapide et prometteur.

Trump entend punir l’Europe avec ses mesures imbéciles, totalement contre-productives pour son pays même ? Soit. Malgré les hésitations, l’Europe se tourne vers d’autres partenaires, avec lesquels la règle sera le « gagnant-gagnant » et non la loi du plus fort : les accords avec l’Inde, le Mercosur, l’Indonésie, le Canada, n’ont pas d’autre ambition.

Bref, si l’on admet que l’intérêt général est celui des populations actuelles, mais aussi des générations à venir, si l’on veut bien considérer que l’intérêt des Européens n’est pas dissociable de celui des autres peuples du monde, si l’on se convainc toujours davantage que le développement économique, y compris industriel, n’est pas séparable des préoccupations écologiques, alors on ne peut que souhaiter aller toujours plus avant vers l’horizon européen.

Et dans cette marche vers toujours plus et mieux d’Europe, reconnaissons aussi que la France joue un rôle moteur qu’on peine souvent à reconnaître. Parfois même les impulsions françaises, en trouvant une traduction européenne, perdent en visibilité ce qu’elles acquièrent en efficacité : cf l’exemple du RGPD, devenu une norme mondiale, inspiré par l’expérience de la CNIL française. Mais sur des questions encore plus fondamentales, comme la dissuasion nucléaire, l’ouverture considérable faite récemment par Emmanuel Macron dans son discours dit de l’Île Longue (2 mars 2026) rencontre - enfin, pourrait-on dire - un fort écho européen.

C’est pourquoi, en dépit de tous les aléas, de toutes les turbulences qui sont la marque de notre vie politique actuelle, les Progressistes du Possible défendront toujours cette idée : le seul souverainisme qui vaille, c’est le souverainisme européen.

Mai 2026
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